Discours d’Eloi Compoint lors des obsèques d’Henri Lepers (maire d’Urval de 1983 à 2001) en l’église d’Urval le 27 avril 2021

Henri Lepers est né à Tourcoing le 7 mai 1940.

Il est issu d’une famille modeste et croyante.

Il a 20 ans quand il est appelé lors de la guerre d’Algérie. Il y passera deux années. Son tempérament de meneur d’homme le fait évoluer très rapidement et il accède au grade de lieutenant à la tête d’un groupe de tirailleurs sénégalais. Ses hommes sont grands et costauds, lui est mince et a les cheveux roux ; ils l’appellent le Rouge-gorge et lui disent lorsque la situation devient délicate : « passez derrière mon lieutenant ! ».

En 1968, Il est nommé directeur d’un nouveau et grand foyer de jeunes travailleurs à Roubaix qui compte 17 nationalités.
Plus tard, il s’installe en Dordogne où il tient un café à Rouffignac.
Au milieu des années 70, Il fait la rencontre d’Hubert de Commarque, déjà très actif depuis plusieurs années dans des domaines qu’ils affectionnent. Il lui propose un logement au pressoir, à Urval. Il s’y installe avec sa femme et ses deux enfants, Estelle et Jean-Baptiste.
De cette riche collaboration vont se développer des associations actives et novatrices en faveur du patrimoine, du développement local, de l’insertion des jeunes, de la culture et de l’environnement : c’est le cas de l’ESPER, l’association pour l’essor du Périgord Noir, et du CPIE, centre permanent d’initiation à l’environnement de Sireuil.

Puis, Il travaille à la direction de la jeunesse et des sports à Perigueux, où il est actif et veut faire bouger les lignes.
A cette étape de son existence il a déjà connu un grand nombre d’activités. Henri s’amusait à compter tous les métiers qu’il avait exercés au cours de sa vie et en citait 27 !

Mais le cadre n’est pas assez large pour qu’il s’exprime pleinement alors il se met en tête de partir à la conquête de la Mairie d’Urval.
Certes, les Urvalais ont déjà confié leur destinée à des hommes venus d’ailleurs, mais songez que Léon Poirier arrivé en 1937 à Urval n’est élu qu’en 1959 soit plus de 20 ans après son établissement.
Il faudra à peine 8 années à Henri Lepers pour séduire une majorité d’Urvalais et les convaincre de lui confier cette fonction.
En 1983, Il devient maire délégué d’Urval qui avait fusionné avec Le Buisson de Cadouin en 1972.

Charismatique, à n’en pas douter ! Séducteur, évidement !
Mais ce n’est pas tout, Henri c’était aussi 10 idées à la minutes, une fibre sociale chevillée au corps et un goût prononcé pour la provocation !
Devenu maire, il peut plus pleinement s’exprimer et, fort de ses différentes expériences,
il est comme un poisson dans l’eau parmi les rouages de l’administration et dans la recherche des financements qui lui permettent de réaliser ses projets.

Pourtant l’arrimage à la commune du Buisson restreint « insupportablement » son champ d’action. Qu’à cela ne tienne ! Il se lance dans une croisade perdue d’avance pour qu’Urval recouvre son indépendance.
Son énergie, sa persévérance, sa force de persuasion, lui permettront contre toute attente, de parvenir à ses fins. En effet, de guerre lasse, l’Etat autorise « la défusion » renonçant à ce qu’il avait si fortement incité quelques années plus tôt. Urval fait ainsi figure d’exception.

Cette fois il a les mains libres pour mettre en œuvre une grande partie des idées qu’il a en tête.

Il reste fidèle à lui-même, et tous ses projets seront d’abord en faveur de la population et notamment des jeunes qui ne trouvent plus leur place dans ce monde rural qui mute et se désespère.
Il veut trouver une réponse à tous, une solution pour chacun.

C’est un veritable festival d’actions et de créations jusqu’en 2001 dont l’énumération exhaustive serait trop longue, mais :

Pour les enfants, il créé le centre de loisir d’Urval… ce qui permet de proposer un poste de directrice pour une habitante du village.

Pour les jeunes, il met en place une entreprise d’insertion qui emploie et forme des personnes notamment aux métiers d’entretien d’espaces verts.

Il ouvre sur le territoire de la commune, quitte à déranger la tranquillité de certains, des chemins de randonnée balisés créant ainsi deux boucles d’une vingtaine de kilomètres permettant aux Urvalais comme aux visiteurs de profiter des paysages et du patrimoine du village.

Il trouve un dispositif en faveur des femmes, et pour celles d’Urval il crée une scoop et fait bâtir une usine relai : la conserverie des Dames de Castel Réal.

Afin de renforcer le lien entre les habitants et de créer un poste de travail, il organise une collecte auprès des habitants du village pour l’achat d’une licence 4 et l’ouverture d’un bar. Urval aura  « son bistrot des randonneurs » à l’époque, « Veilleur d’Urval » aujourd’hui.

La mise en place d’une brasserie permet aussi la création d’emploi dans le secteur et Urval donne son nom à une bière.

Defi-Jeunes, entreprise d’insertion, scoop, emploi-jeune et autres Travaux d’Utilité Collective, tous les dispositifs qu’il connait sur le bout des doigts sont bons pour aider ou mettre le pied à l’étrier de chacun.

Il est aussi, avec d’autres, à l’origine de la création de l’association pour la protection des berges de la Dordogne. Il comprend l’importance de la protection de la rivière alors même que le territoire d’Urval ne la borde pas. Il devance ainsi, la logique qui s’impose plus tardivement, de l’intégration des affluents et des bassins versants dans ce qui est devenu un syndicat mixte, le SMETAP, regroupant aujourd’hui 49 communes sur un secteur de 450 km2.

Il veut trouver des solutions de logement notamment pour les jeunes tout en renforçant et pérennisant les ressources de la commune, ainsi il réhabilite des locaux communaux et achète des bâtiments à usage d’habitation et d’activité.

Pour des étudiants d’une filière artistique et le rayonnement du village, il organise la décoration de toutes les poubelles du village. Le long des routes, les bacs autrefois gris offrent des tableaux tous différents… Certains étaient peut être porteur de messages … à peine cachés ?… Mais je me souviens que sur la route qui menait chez moi une jolie famille de blaireaux avait été représentée…. !

Et même ici, dans cette église, dans ce lieu sacré il est intervenu et a laissé sa marque.
A l’occasion du passage au nouveau millénaire, il croit déceler une fissure sur la cloche inscrite qui sonne depuis 500 ans dans le village. Il la fait décrocher du clocher et organise le financement par les fidèles et la population d’Urval de la fonte d’une nouvelle cloche : « la cloche de l’an 2000 ». Elle est baptisée en grande pompe le 9 avril 2000, les noms des enfants nés dans l’année y sont gravés.
Cette nouvelle cloche aurait pu s’appelée Anne, elle aurait pu s’appeler Marie mais cela ne s’invente pas, Henri a choisi Marie-Anne !

Malicieux, Audacieux, Entreprenant, ouvert, et donc provocateur aussi, mais sans méchanceté ;

Nous avons tous, le souvenir au cours des années 80 et 90 d’Henri sillonnant infatigablement les routes de Dordogne à bord de son increvable Peugeot 504 bleue, sans cesse en quête d’idées, sans cesse mettant son énergie à la réalisation de ses entreprises la plus part aux services des autres…mais toujours avec un sourire accroché au coin des lèvres et une Gitane de l’autre côté.

Aujourd’hui encore nous le remercions de l’indépendance retrouvée d’Urval qui nous laisse maître de notre destin et de nos projets.
Nous nous félicitons également du patrimoine immobilier qu’il a largement étendu et grâce auquel la commune perçoit des loyers qui contribuent très favorablement à l’économie municipale et permettent le financement de ses projets.

Au nom de la commune mais plus largement au nom de tous ceux à qui Henri à un jour tendu la main, je lui rends hommage et lui exprime notre reconnaissance.

Cela peu paraître étonnant, mais Henri a souhaité lui-même cette cérémonie religieuse.
J’hésite encore entre un dernier « pied de nez » ou une foi sincère dont, lui seul, connaissait la profondeur.

Et, si au royaume des cieux il y a une place pour ceux qui, assidument, prient dans les églises, il y en a très certainement aussi une pour celui qui ne les a pas fréquentées mais qui sans compter s’est tout au long de son existence préoccupé de son prochain et l’a aidé.
A n’en pas douter, une amicale tablée et -un bon verre de vin bien sûr- l’y attendent.

Éloi Compoint
MAIRE D’URVAL

Bienvenue sur le site internet de la commune d’Urval

” Urval, petit village du Périgord noir blotti dans un écrin de verdure, a su garder la mémoire des siècles passés. L’église romane fortifiée du XIe siècle et le four banal du XIVe siècle sont les témoins d’un passé médiéval qui fascine. Les hameaux du village nichés sur les collines offrent une vision authentique des bâtisses périgourdines aux charmes surannés. Fiers de leur village, les Urvalais aiment mettre en avant la richesse de leur patrimoine mais ils sont aussi résolument tournés vers l’avenir , persuadés que vivre à la campagne est une véritable chance.

Accordez vous une parenthèse enchantée à Urval, pour quelques heures, plusieurs jours ou toute une vie ….. vous êtes les bienvenus ! “

Actualité de la commune

  • A l'occasion des Journée Européenne du Patrimoine, écoutez l'interview d'Eloi Compoint par Gérard Biraud de la Fondation du Patrimoine. Cliquez sur le titre pour lancer l'interview.
  • Urval a le plaisir de renouer avec le traditionnel repas des aînés le 23 octobre prochain.
    Cette année un spectacle de magie aura lieu pendant le repas.
    Cliquez sur le titre pour afficher l'invitation et le menu.
    Photo: Odile Bramerie a fêté ses 100 ans au mois de juillet. Vive la centenaire Urvalaise!
  • Bon de souscription accessible en cliquant sur le titre ou sur ce lien : https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/eglise-notre-dame-de-la-nativite-a-urval
    Dans le cadre des travaux de restauration de l'église d'Urval, ses habitants, ses amis, ses visiteurs et les amoureux du patrimoine sont invités à aider la commune d'Urval à protéger et mettre en valeur notre belle petite église. L'état (DRAC), le département de la Dordogne, la région Nouvelle Aquitaine participent financièrement à cette restauration et nous les en remercions vivement. La commune en mobilisant ses fonds propres et en contractant un emprunt dédié fait un effort important pour supporter le reste à charge. Grâce à une convention signée avec La Fondation du Patrimoine tous les particulier et les entreprises peuvent contribuer à mener à bien ce chantier. Les dons sont déductibles des impôts. La Fondation du Patrimoine tiendra un stand à l'occasion des journées européennes du Patrimoine le dimanche matin 18 septembre à partir de 10h00.
  • foodtruck tous les jeudis à partir de 19h00 sur la place Léon Poirier. Possibilité de s'assoir et de s'abriter sous les auvents de la salle des fêtes et de partager ce moment avec d'autres clients.
  • ATTENTION : La date du derniers atelier de la saison est modifiée. La séance se déroulera au jardin du presbytère autour des semences, des récoltes, du nettoyage et du semis d'engrais verts / amendements organiques.
    Ce sera aussi l'occasion de faire un point et de lister des envies pour 2023, si envies potagères ou autres il y a.

Horaires d’ouverture

Lundi et jeudi
10h-12h30 et 14h-17h30